"Désirant et sidérant, si possible..." dit-elle.


"Désirant et sidérant, ...si possible !" dit-elle.

jeudi 14 septembre 2017

Mouvements




Mouvements de la main
tendue, 
devant soi contre la peur
ou une alerte.

Mouvements du jour,
ses soupirs,
étirés rompus sur les épaules,
parfois ils pèsent.

Mouvements de la lumière
sans rechigner,
les gondoles du ciel
au quatre coins,

autour des fissures 
des murs et des mots, 
un noir et leur pelure

Mouvements de la pensée 
informe, qui saute mouton,
rejaillit d'elle-même,
et même.

Mouvements du regard
qui veut dire,
dans le jardin cherche un banc
qui veut 
puis abandonne.

Je note : te retrouver  (mais où ?)
               quand je (me) perds.






samedi 26 août 2017

et la nuit se laisse

  












Et la nuit se laisse 
poser sous la lampe 
où rien n'est jamais révélé
ni juste

j'entre peu à peu dans mon corps
qui m'a poussé
dehors
au fond du puits

chaque jour y penser  
offense la vie
fait des peurs 

c'est comme si 
quelqu'un m'avait trouvé
pour que j'apparaisse




samedi 19 août 2017

Barcelone août 17 et Antoni Tapies




La Fondation Antoni Tapies. C'était il y a 4 ans. Jours d'été à Barcelone. 
Tapies "Des de l'interior". 
Tapies, magnifique peintre de l'émotion, hanté par le mur de la transformation.   
Mur ou "tapia" en catalan,  on peut bien ergoter, Tapies, tapia...
N'empêche ! On se prend à la matière, brutale, simple, si simple, si pauvre : paille, sillon d'eau, vieux rideau de fer, terre...



"Comment faire pour bien regarder, sans vouloir trouver dans les choses ce qu'on nous a dit qu'il doit y avoir, mais simplement ce qu'il y a ? Regarder à fond. Et laissez-vous porter par tout ce qui fait résonner en vous ce qui s'offre à votre regard ; soyez comme celui qui va à un concert, avec un costume neuf et le coeur ouvert.... sans vouloir à toute force que les sons produits par le piano représentent nécessairement un paysage,..." 


Antoni Tapies
















L'idée c'est la matière-même. 





Parce qu'on n'est rien face  à un brin de paille, 
ou bien nous sommes ce brin de paille, 
ce peu, un signe dans le monde parmi d'autres signes, en état de transformation, de  mortalité, substance de vie éphémère. 
Amor, amor !!!     


















Et quoi !  cette vie, ce peu, on en prendra soin, on l'emballera. 
"Emballer la vie", ce pourrait aussi bien "être emballée" par elle, hantée par elle, et l'emballage serait aussi important que l'objet-même. 
C'est ça qui me plait ! C'est ça : la boîte, le lien, le sentiment, la forme pour donner, le regard, le coeur ouvert du regard, la vie dans son emploi la plus haute.
Voilà un peintre qui m'aura fait pleurer, ils ne sont pas si nombreux.

Il dit :

"Regardez l'objet le plus simple. Tout, absolument tout, représente  la vie et a son importance. La peinture peut être tout. Elle peut être un nuage d'orage, le pas d'un homme sur le chemin de la vie, ou, pourquoi pas ? un pied qui frappe le sol pour dire "assez". Les taches de sang d'une blessure, ou le chant de tout un peuple dans le ciel bleu ou jaune. Elle peut être ce que nous sommes, ce qui est aujourd'hui, maintenant, ce qui sera toujours. Je vous invite à regarder, attentivement... Je vous invite à penser."




mercredi 12 juillet 2017

Petite lumière



                                               J'entends la nuit frémir entre les draps,

                                           les petites lumières se couchent dans mes mains.

                                                 




                                         
                                                

vendredi 7 juillet 2017

Le nom des rues






Le nom des rues sur tes amours 
en vadrouille des docks sans trembler
des parcs des statues des jardins avec une fontaine
des objets de rien du tout pour la vie
toute entière des lettres que tu ne liras plus
avant longtemps
que reviennent la voix les mots
les mots dans la voix 
la chair des sons noués autour 
du corps de la nuit et toujours
l'espace laissé pour 
la brûlure


  


                                            


                               

lundi 8 mai 2017

Je te dirai





Je te dirai
c'est une musique qui monte d'en-bas
on ne sait pas d'où
vraiment on ne sait pas
puis
 
des couloirs de promesses 
en haut de la colline
ce ciel
notre bruit qui sent le vent 
en écharpe qui traîne 
n'en finit pas de traîner ébloui tremblé
dans les vitrines
puis
 
déchirées raccommodées n'importe comment
les rues dévalant la mémoire de
mes yeux 
tes empreintes digitales
et l'océan là-haut
bouche ouverte...






lundi 3 avril 2017

Depuis tout le temps




                                                                                                Photo | Guendalina Fiore





Suivre une ligne imaginaire ou non, une branche cassée.

Suivre la langue lapidaire de la marche, trois rayons de soleil et un éclat.

Tu comptes les têtes d'arbres
des yeux   une bouche  ouverte 
longue  toute verticale 

et des images en vrac un peu plus loin
que soi   malgré soi 
qui collent 

une généalogie à décliner 

dans son écorce inaccessible où
trouver une zone d'appui
sans s'effriter 
le coeur toujours et tout le temps tel que

les coups de froid    coup du sort et 
le corps tète la lumière 
des cyclones et anti 
ce qui lève

raconte
la peau les strates 
les mèches de fibres
les toucher de toute les mains
dans l'espace de la marge

où écrire la faille.